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Campus en festival est terminé. Satisfactions, bilan des nouveautés 2011, projets et améliorations à venir : le point avec Lionel Poutaraud, animateur culturel de l’Université de Poitiers qui nous livre ses impressions sur le déroulement des festivités.

L’équipe d’organisation de Campus en festival 2011

Quels ont été pour vous les temps forts de ce festival ?

Lionel Poutaraud : Chaque soirée est un temps fort. Tous les événements sont importants, que l’on parle de musique, de théâtre ou encore de soirées historiques. D’un point de vue global, nous sommes plutôt satisfaits car nous avons vraiment eu de bonnes propositions, pour beaucoup proches d’un travail professionnel. Je pense même que la qualité s’est améliorée par rapport à l’an dernier.

Quelle a été la fréquentation ?

L.P : Nous sommes à peu près sur les mêmes bases qu’en 2010, soit environ 8000 spectateurs. Il y avait cette année 70 événements sur 11 jours, ce qui était moins que l’an dernier, mais nous avons quand même un public à peu près équivalent. Bien sûr, et même si ce n’est pas cela que l’on recherche, il y a toujours plus de monde lorsqu’il y a un nom un peu connu. Cette année, c’étaient Shirin Ebadi, avec une conférence qui a amené 500 personnes, et True Live qui a rempli le Confort Moderne.

En quoi l’édition 2011 s’est-elle différenciée des autres ?

L.P : Les nouveautés cette année étaient les installations plastiques à l’entrée de la Maison des étudiants où l’on a pu faire du spectacle dans un décor beaucoup plus intéressant que ce qu’il y avait auparavant. Il y avait aussi le journal Festif’Infos qui est très important pour les associations. Elles peuvent voir que l’on parle d’elles un peu  partout et elles ont l’impression que l’on s’y  intéresse encore plus. C’est également bien pour les UFR qui reçoivent une image de ce qu’il peut se passer ici. Le fait de créer des liens avec l’ENSIP ou encore la fac de Lettres est très intéressant.

Et côté communication ?

L.P : Là, nous avons aussi développé une page Facebook pour avoir une présence dans les réseaux sociaux. Il y avait également de nouvelles thématiques. Nous avons été cette année très portés sur la solidarité, l’environnement avec le festival du film environnemental, le prix Shirin Ebadi (qui récompense les actions citoyennes : Droits de l’homme, égalité des sexes…), ou encore l’installation ZO avec des matériaux recyclés.

Avez-vous de nouvelles idées pour l’an prochain ?

L.P : Pour le moment, nous sommes plutôt en train de tirer les conséquences de ce qui a pu fonctionner ou non. Nous essayons de comprendre  pourquoi tel événement attire moins qu’un autre : est-ce à cause du lieu, de la communication ou du contenu de la programmation pas assez adapté ? On attend encore, car le festival  n’est pas terminé. Mais nous commençons déjà à faire des bilans qui nous aideront à l’améliorer. Il est vrai aussi que les associations proposent tous les ans de nouveaux projets.

A quelles améliorations pensez-vous ?

L.P : Dans l’organisation, il y a des choses à faire. Je pense par exemple que des interventions entre midi et deux peuvent être développées. On peut aussi essayer de plus s’impliquer dans le centre-ville même si cela n’est pas évident car il faut trouver des lieux disponibles pour un type de spectacles précis ; sachant que Campus en  festival est tard dans l’année, il est très compliqué de perturber une programmation établie depuis longtemps. La communication est aussi à améliorer.

Et les relations avec les associations ?

L.P : Il faudrait essayer de rencontrer plus les associations étudiantes, savoir ce qu’elles ont envie de faire. Mais ce n’est pas simple car nous ne sommes pas nombreux à organiser les festivités. Mon idée est de leur faire  comprendre que l’on peut s’impliquer autrement que par des spectacles. Par de la décoration par exemple, afin que l’on ait davantage l’impression de voir un campus « en fête ».

Propos recueillis par Simon Moreau – Festif’Infos

Avec une soirée salsa, très caliente, le groupe barcelonais “Ocho Punto G” a mis un point final à la 9è édition de « Campus en festival . A l’initiative de l’association Méli Mélo, la soirée de clôture, le samedi 26 mars a relevé le défi de toucher “le point G” du public. Salle pleine, avec un public intergénérationnel, très enthousiaste.

Le thème de la soirée n’a pas été choisi au hasard. La salsa ressemble à l’Université et à la ville de Poitiers, c’est-à-dire qu’elle est vivante, rythmée et d’origines diverses. Depuis quelque temps, la salsa « est tendance ». Il y a de nombreux cours de danse, et chaque semaine, on organise au moins une soirée salsa en ville.

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8 punto G en concert – Crédit SA

Dés 20 h, des associations et des professeurs de salsa accueillent le public des passionnés à la Maison des étudiants. Devant un buffet de tapas, ils répondent aux questions des uns et des autres. Deux professeurs, Pauline Lumeau, de l’association « Culture danse », et Joan Bourganel, de l’association « Pasitos », organisent ensuite une initiation où les bases de la salsa sont inculqués aux novices. Les élèves du SUAPS et les membres de l’association « Bal us trad » démontrent après ce qu’ils ont appris au cours des derniers mois avec Maxime, leur professeur de salsa. Après la danse, le moment fort de la soirée, le concert du groupe « 8 Punto G ». Ce groupe de musique barcelonais revient à Poitiers pour la troisième fois. Il maitrise la salsa et d’autres genres afrocaribéens comme le merengue, la bacheta, le reggaeton…

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Le public au concert- Crédit SA

« Le point divin de la chose »

Le groupe « 8 Punto G » est un groupe d’étudiants en musicologie barcelonais. Ils se sont rencontrés dans les rues de Barcelone en 2008. Du fait de leurs origines diverses, les six musiciens latins, José-Amado, Jairo, Alberto, Kris, Lazara et José, maîtrisent à merveille « l’urban latin music ». C’est-à-dire un mélange de genres et de styles afro-caribéens : le merengue, la salsa, le tchatcha, le reggaeton… sont dans leur répertoire. Le nom du groupe pourrait se traduire par « le point divin de la chose ». Le 8 vient de la numérologie chinoise. Il symbolise le bonheur, la chance. Et de la chance, le groupe n’en manque pas. En quelques années, il a su s’imposer sur la scène internationale. La preuve : après Poitiers, il enchaînera plusieurs dates en France, un concert à Barcelone et une tournée au Maroc. L’énergie délivrée en live est explosive et enflamme les petits bars comme les plus grands clubs européens.

Il faut rappeler que la salsa est née dans les années 50, à Porto Rico. Elle est un mélange de jazz, de danses africaines et de percussions. En fait, le mot salsa signifie « sauce ». Il existe plusieurs écoles. Les deux plus connues sont l’école cubaine et l’école portoricaine.

MANUELLA MOGNAMAN

Mystères et plaisirs étaient au rendez-vous le vendredi 25 mars à la Maison des Étudiants pour une soirée « Désir(s) » pleine de surprises. Trois temps forts : « La Cabine du désir », « Voilà beaucoup enjoué » et « Désirs Version 1 ».

Premier événement avec Romance Etcaetera.

« La Cabine du désir », une boîte noire et une bibliothèque itinérante. Désir. Sexualité. Beaucoup de mystères. La cabine du désir, c’est surtout deux personnages : Audrey Petburn et Madame Jacqueline. En collaboration avec AIDS et le Centre régional de la santé, leur intervention commence par une immersion dans le public. « On se balade, on dit bonjour aux gens, on distribue des préservatifs. »

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La cabine du Désir (s) installée dans le hall – Crédit SA

Ensuite, chacun d’entre vous a la possibilité d’entrer dans la fameuse cabine du désir pour y rencontrer et entamer un dialogue avec Audrey Petburn. Mais attention : la cabine est ouverte aux spectateurs un par un. À l’intérieur, c’est entre trois et sept minutes par « client ». Pas d’inquiétude : l’objectif n’est pas de mettre les gens mal à l’aise ou de les prendre à partie. L’intention est simplement de provoquer des discussions. Le bouche à oreille fonctionne. C’est, pour Romance Etcaetera, une façon d’apporter une petite touche de sensualité à la soirée. Il se passe toujours des choses imprévisibles autour d’une « Cabine du désir ». Tentation assurée.

Ambiance feutrée dans la Cabine

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Ce soir là, la cabine du désir et la bibliothèque de Romance etcaetéra étaient discrètement installées dans un coin du hall de la Maison des Étudiants. Tout au long de la soirée, les curieux ont afflué pour rencontrer ces deux personnages mystérieux. L’attente se fait dans la bibliothèque ou autour d’un stand de prévention. Ainsi, le visiteur peut se munir de préservatifs et consulter des ouvrages de psychologie, de sociologie ou de pornographie. Madame Jacqueline, interprété par un homme, gère les entrées et les sorties. Une fois dans le décor intime, la lanterne rouge s’allume à l’extérieur. Audrey Petburn, installée derrière une vitre dans une ambiance feutrée aux couleurs chaudes, vous accueille et vous invite à prendre le téléphone ancien pour un dialogue envoûtant ; un moment agréable plein de tendresse, d’humour et de poésie, sans tabou. “Je suis rentré. Il y avait une jeune fille affriolante qui m’a lu des poèmes anciens et plutôt crus. C’était charmant”, confie à la sortie de la cabine, un curieux visiteur.

« Désirs Version 1 » : Chants, danses, musiques et théâtre

« Désirs Version 1 » est une vraie proposition de partage avec le public. Un méli-mélo artistique qui a toute sa place dans la soirée « Désir(s) ». En mêlant chants, danses, musiques et théâtre, le spectacle a suscité interrogations et émotions.

Il est 21h30. Devant la salle de spectacle s’empresse un public, impatient de voir la suite de la soirée Désir(s), avec la pièce de théâtre de la Compagnie Sens Dessous Dessus.

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Desir version 1 – Crédit SA

Première surprise, les 18 acteurs sont dans le public. Un petit moment de suspens et ils rejoignent la scène pour 50 minutes de spectacle intense et d’émotions. Le désir est abordé selon différentes facettes : le désir de vouloir être un autre, le désir sensuel, mortifère, possessif… Certaines scènes peuvent choquer. Les acteurs abordent des sujets tels que la violence dans le sexe, la pédophilie avec beaucoup d’émotions et de sensibilité. Les spectateurs sont secoués, personne ne quitte la salle alors que les acteurs ont déjà rejoint les coulisses. ” J’étais en transe tout au long du spectacle. C’était incroyable. On essaye tous de se cacher derrière un masque. Là, les acteurs nous montrent vraiment ce que l’on a à l’intérieur. Ils entrent en nous. C’est çà qui est le plus violent”

Vertige, jeu, hasard… « Voilà Beaucoup Enjoué » est une forme semi-écrite, semi-improvisée. Un spectacle de danse contemporaine du SUAPS de Poitiers en avant-première de la représentation théâtrale du Désir.

Les chorégraphes très enthousiastes- Crédit Fred P

Isabelle Lamothe, vice présidente chargée de la Culture, et Claire Servant, chorégraphe, sont à l’origine de « Voilà Beaucoup Enjoué ». Il s’agit d’une forme semi-écrite, semi-improvisée. Cette année, la performance s’inscrit dans la trame du jeu. Chaque interprète est invité à jouer l’un avec l’autre. En expérimentant les règles et contraintes du jeu de rôle, le hasard, et le vertige connu ou inconnu. Le rendu est une forme à la fois ouverte, construite et transmissible dans un temps très court. Au total, plus de 20 danseurs. Entre douceur et précision, les artistes offrent beaucoup d’énergie et de jeunesse. Pendant une dizaine de minutes, les artistes évoluent avec légèreté en jouant sur les contrastes. Par moment des duos où un danseur entre dans une relation particulière avec un autre ; puis à nouveau un mouvement de masse. Une expérience intense, fruit d’un énorme travail apprécié par les applaudissements nourris du public. « Pour une première fois, ça s’est bien passé. Ce n’était pas une chorégraphie évidente à mettre au point car nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions de répéter tous ensemble. Notre travail est porté sur le jeu. Le but est de prendre plaisir à ce que l’on fait. Profiter du moment. Que le spectateur prenne plaisir avec nous. C’est comme ça que la chorégraphie s’articule. », explique Isabelle Lamothe avant d’ajouter “chaque année, avec la coopération de Claire Servant, nous créons une chorégraphie qui inaugure le festival [à corps]“.

C’est le grand retour du Group’Berthe à Poitiers après son passage en 2009 au festival Les Expressifs avec « The Zen » qui a connu un succès retentissant à travers les différentes villes de France. Leur nouveau spectacle « Les Pieds sur la Nappe » a été présenté en prime avant la soirée Désir(s).

Avant que le spectacle ne commence, les spectateurs avaient été prévenus : « Ce n’est encore qu’une étape de travail. La première danse n’est pas encore terminée.Tout peut encore bouger. On va voir comment ça fonctionne ».

« La lutte des femmes »: Berthe une  femme d’aujourd’hui

Assis autour de la nappe géante disposée dans le hall de la Maison des étudiants, les spectateurs ont été tour à tour étonnés, charmés, déroutés.

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Le Group Berthe marche sur la nappe – Crédit SA

Ce nouveau projet du Group’Berthe brosse le portrait de la femme contemporaine à travers plusieurs prestations scéniques. « Les Pieds sur la nappe », se propose de répondre à la question « Qu’est-ce qu’être une femme aujourd’hui ? ». « On avait envie de parler des femmes d’aujourd’hui, et de nous en particulier, explique Christine Maltete-Pink, directrice artistique du groupe. La nappe fait référence à la lutte des femmes d’avant qui leur permet d’être émancipées aujourd’hui ». Le thème était vaste, la réponse ne l’était pas moins : phases chorégraphiques, théâtre, danse et arts plastiques se sont succédé sur un rythme effréné. Entre une simulation de combat et un léger effeuillage, le show a même été parfois assez chaud. « Coco Chanel déconseillait aux femmes de porter le pantalon, alors on l’a enlevé, sourit Christine Maltete-Pink. C’était aussi une forme de jeu, de séduction, et c’est une manière d’évoquer le rapport hommes femmes. » Berthe, c’est également une femme qui pratique la musculation « pour montrer qu’on n’a pas toujours les épaules assez larges », mais qui doit aussi faire les courses car « ça reste toujours dans le quotidien des femmes ». A la fin du spectacle, les quatre artistes ont été rejointes sur la nappe par dix Poitevines de tous âges, débutantes, et toutes vêtues d’un tablier. C’était une procession de femmes qui avançaient ensemble. “Elles sont tout de suite rentrées dans le jeu, c’était super. Maintenant, on sait qu’à chaque fois qu’on ira jouer quelque part, on pourra demander aux organisateurs de mobiliser des femmes. Et comme on sera de nouveau à Poitiers pour le festival Les Expressifs, on espère avoir les mêmes !” souligne la directrice artistique.

Ce choix artistique original et audacieux s’appuie sur des phrases chorégraphiques. Les arts plastiques, la danse, le théâtre se mélangent. Le décor est simple : une nappe et des artistes de rue. La compagnie se produit habituellement dans les rues. Le spectacle s’achève par un échange avec le public. Une volonté d’améliorer leur prestation, notamment pour la prochaine édition des Expressifs en octobre 2011.

AURELIE CORNEBOIS, HONORINE SOGLO & JULIEN PRIVAT

En co-production avec le Confort Moderne, l’association étudiante Amie Zik a organisé un triple concert, le jeudi 24 mars, à partir de 21h. Entrée libre.

Chaude ambiance  au Confort Moderne. Salle comble, triple concert réussi. Objectif atteint pour les coproducteurs, l’association étudiante l’Amie Zik. Les spectateurs sont ravis. Retour sur l’évènement.

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True live en concert – Crédit SA

Billets en poche, bière à la main, la foule se masse devant la scène. Le premier groupe, Overland Inn, apparaît. Le public est attentif. Les premières notes retentissent. La voix sensuelle de Chloé s’y mêle suscitant la curiosité des spectateurs. Les visages restent fermés, les mains dans les poches et le premier morceau touche à sa fin. Les applaudissements sont encore timides. Peu à peu, le rythme s’accélère, les corps se délient et l’atmosphère se réchauffe. Le duo poitevin prend confiance et la musique s’en ressent. Après un set de 40 minutes, le public est mis dans l’ambiance, prêt à accueillir Scale, quatuor audacieux revisitant les grands tubes rock version hip-hop. Un riff des Who raisonne et l’auditoire se lâche. Le groupe prend possession de la scène et le MC s’enflamme. Scale mélange les styles et les maîtrise. Les Beastie Boys sont à Poitiers ! Le public est réceptif mais c’est déjà fini.

Deuxième pause, deuxième pinte, cigarette au bec, le Confort Moderne n’a jamais aussi bien porté son nom. Le temps d’accueillir les fantastiques et débordants Australiens de True Live. Ces derniers déboulent sur scène sous les applaudissements, « classieux » dans leurs costumes. Avec un flow énergique et mélodique soutenu par un beat fidèle aux origines du hip hop, le sextuor (incluant un violon, un violoncelle et une contrebasse) a littéralement électrisé la salle. Chacun y va de son solo. Cordes enragées et synthé malmené nous font danser. True Live étonne et détonne. Mené par le « frontman » Rhyno, le public se met à chanter. Le leader et chanteur charismatique du gang fait grimper le thermomètre. Chacun savoure ces derniers instants. Le groupe se retire en coulisses… « Une autre ! ». Et c’est reparti pour 10 minutes d’extase qui résonneront longtemps entre les murs du Confort. Les lumières se rallument, les pintes sont vides et la foule se disperse le sourire aux lèvres.

« Une salle mythique »

Overland Inn enchante le public – Crédit SA

Etienne et Chloé, membres du groupe Overland Inn et en couple dans la vie comme à la scène, nous ont confié leurs impressions après le show. « Cela représente quelque chose de particulier pour nous d’avoir joué au Confort Moderne ce soir. C’est une salle mythique où se sont déjà illustrés de grands groupes comme les Sonic Youth », déclare le duo enchanté. Etienne, d’origine poitevine, ajoute : « J’ai vu tellement d’artistes se produire sur cette scène, que de m’y retrouver moi-même est très spécial. C’est symbolique. Voir les coulisses, l’envers du décor, c’est génial. » Pour Chloé : « Avoir été considérés comme des artistes professionnels ces derniers jours au Confort Moderne a été particulièrement agréable. On a envie que ça recommence. » Ils seront le 5 mai au bar le Plan B mais pour les plus impatients, retrouvez prochainement leur live au Confort Moderne sur Myspace : http://www.myspace.com/overlandinn

Le Hip Hop revisité

Contrairement à ce que l’on veut bien se laisser dire, le Hip Hop est l’un des seuls genres musicaux qui peut se targuer d’avoir un répertoire passant du Jazz à l’Électro, de la Soul au Rock et de la Pop au Blues. Et ce n’est pas les trois groupes présents ce soir au Confort Moderne qui vont contredire cette idée. Scale reprend des riffes de l’époque des Beatles ou d’ACDC pour les mijoter à la sauce Hip Hop. Le Maître de Cérémonie (MC) du groupe s’accompagne de basse, batterie et guitare afin d’assurer un show enflammé. Overland Inn, duo poitevin de Trip Hop, mélange une voix chaude, Chloé, et une musique froide concoctée par Étienne. L’association des deux donne une ambiance tiède qui vous berce et vous transmet cette envie fréquente de s’évader. Enfin, tout droit venu d’Australie, True Live est le parfait exemple d’un Hip Hop loin de ses chemins battus et de ses clichés. Issus de la scène improvisée de Melbourne, la contrebasse, le violon et le violoncelle bénéficient de l’appui incontournable du MC, Rhyno. Avec des arrangements Pop ou Soul Jazz, vous naviguez vite entre des sonorités qui vous font penser tant à The Roots qu’à Otis Redding.

BENJAMIN FRAIGNEAU  NICOLAS TAIAN & ALEXIS TILLET

Un spectacle ludique et encyclopédique

La Maison des Étudiants a accueilli la compagnie Eulalie dans le cadre de Campus en festival le jeudi 24 mars. Elle a présenté sa pièce « Du bouc à l’espace vide » ; une « Conférence illustrée de l’histoire du théâtre ». Leïla Adham, maître de conférences à la faculté de Poitiers section théâtre, a proposé au festival la venue de la compagnie Eulalie. « Cette représentation reflète l’histoire du théâtre et faisait référence aux cours enseignés à l’université, indique Leïla. C’est un condensé humoristique d’une heure et quart qui me semble intéressant pour les étudiants et les simples curieux. » La troupe rouennaise relève le défi et vient jouer en terre poitevine.

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« Un humour corrosif à la Woody Allen »

Créée en 1995, la compagnie, déjà expérimentée, livre sa dernière création. « J’ai poussé Julien Saada à écrire cette pièce », avoue Sophie Lecarpentier, metteur en scène. C’est une grande première pour lui mais « sans doute pas la dernière », ajoute-t-elle. La jeune femme va même jusqu’à comparer son humour corrosif à celui de Woody Allen. Leur but est notamment de raconter l’histoire du théâtre, depuis sa création à nos jours. Un dur challenge. La source d’inspiration de la bande est la célèbre émission scientifique de France 3 : « C’est pas sorcier ». « On veut faire les Fred et Jamy de l’histoire du théâtre. » Dans la pièce « Du bouc à l’espace vide », le spectateur est plongé au milieu d’une conférence entre deux acteurs qui l’accompagnent vers des extraits de scènes de théâtre. De Sophocle à Camus, en passant par Beckett et Shakespeare, cet exercice de jonglage avec les différents registres nécessite une difficile adaptation. Julien Saada et Xavier Clion, les deux comédiens, alternent le registre sérieux de la conférence avec celui relâché des pièces. Pour bien marquer les différentes scènes, les acteurs changent de costumes. « C’est minime car on n’a pas trop le temps de se changer mais on a essayé de faire au mieux pour différencier les scènes. » Pour les masques utilisés dans le théâtre de l’Antiquité, ils se sont servis des quelques sources qui les évoquent. Sophie conclut : « Finalement, on a voulu faire un spectacle encyclopédique et ludique. »

Masques
Déjà testée à deux reprises auprès d’adolescents et adultes, la pièce a provoqué des sourires chez les premiers « qui n’avaient pas forcément tout compris ». Les seconds n’ont pas eu la même réaction. En fin de représentation, le public est convié à un débat avec metteur en scène et comédiens qui sont ouverts à toute critique pour apporter des améliorations à leur spectacle.

HONORINE SOGLO & JULIEN PRIVAT

En 1997, la division départementale d’Autisme France décide de créer un partenariat avec des étudiants en sport de l’Université de Poitiers afin d’organiser des activités avec des enfants atteints d’autisme.

Suite au succès de cette opération, l’association Activité de Loisirs Éducatifs pour Personnes avec Autisme (Alepa) est créée. Le but est d’aider le jeune à s’intégrer dans la société à travers des activités culturelles et sportives. L’accompagnement et le temps sont les maîtres mots. En effet, plus de 40 bénévoles se relaient pour laisser aux autistes la possibilité de découvrir de nouvelles sensations permettant de sortir de leur quotidien.

Ils peuvent pratiquer la natation, l’escalade ou encore les arts du cirque. Le centre « Eclat de Bulles », siège de l’association, est le lieu d’accueil des enfants et de leurs familles. Les parents peuvent échanger sur leurs expériences et leurs difficultés.

L’association propose des formations aux bénévoles mais aussi aux parents et à toute personne extérieure souhaitant se familiariser avec l’autisme. L’autre objectif est d’aller à la rencontre du public pour lutter contre les préjugés sur cette maladie mal connue. De nombreuses manifestations sont organisées comme l’exposition de Pauline Pastry lors de Campus en Festival.

Entretien avec Pauline Pastry sur son expo:

Enfants autistes : « Ils ont chacun un langage différent »

Etudiante en 1ère année de BTS Photographie à Paris, Pauline Pastry parle de la première exposition qu’elle a réalisée sur les enfants autistes.

Comment est né le projet d’exposition sur l’autisme ?

Pauline Pastry : Dans le cadre de mes études, un thème sur Enfance et Adolescence nous a été donné par nos professeurs. J’ai tout de suite voulu travailler sur l’autisme, je voulais montrer l’existence d’une enfance différente. En cherchant des établissements spécialisés, je suis tombé sur l’Alepa. Les différentes actions menées par l’association m’ont tout de suite plu et je l’ai contactée.

De quelle manière avez-vous fait passer votre message ?

P. P : J’y suis allée une première fois pour avoir une première approche avec les enfants, je me suis concentrée sur l’expression de leurs visages et ce qu’ils dégageaient. Le but de l’Alepa, c’est d’aider les autistes à pouvoir s’amuser et exercer des activités comme n’importe quel jeune. Ce que je souhaitais exprimer, c’est que, grâce à l’association, ils arrivent à communiquer avec d’autres enfants. Ils se surpassent, vont au-delà de la maladie. Ceci afin qu’ils ne restent pas dans leur monde.

Quelles idées vous faisiez-vous sur l’autisme avant de faire cette exposition ?

P. P : Je m’étais un peu renseignée avant de faire le reportage, cela correspondait à l’idée que j’en avais. Néanmoins, je pensais que c’était surtout un manque de langage. C’est plutôt une difficulté d’expression. Ils ont chacun un langage différent, propre à eux.

Avez-vous eu des difficultés pour les photographier?

P. P : Oui, car ils bougent beaucoup et c’est dur de capter leur attention. Ils ne comprennent pas vraiment ce qu’il se passe autour d’eux. Ils sont parfois vite déstabilisés. C’est compliqué de rentrer dans leur monde et de savoir ce qu’ils pensent. Ils n’essaient pas du tout de regarder l’objectif, ni de se mettre en scène.

Que retenez-vous de cette expérience ?

P. P : Cela m’a beaucoup apporté émotionnellement. A l’origine, le reportage n’est pas le domaine dans lequel je me projette. Je souhaiterais plus me spécialiser dans le portrait et la mode. Finalement, j’ai beaucoup aimé faire le reportage sur les enfants autistes pour le temps passé avec eux. Mon regard a changé.

ROMAIN COLAS

Contact : ALEPA 86, 35 bis route de Ligugé, 86280 Saint Benoît – 09 50 14 96 22 ou 06 76 36 65 68 – alepa86@gmail.com

Elles participent activement à la soirée de ce soir. Focus sur deux associations passionnées d’Histoire.

La Table Ronde est une jeune association rassemblant des étudiants d’histoire de la faculté de Poitiers, très actifs. Ils souhaitent avant tout faire vivre leur filière en organisant des événements autour de l’histoire. Mais, désormais, ils organisent également des activités ouvertes à un public plus large. Il y a quelques semaines, par exemple, ils ont mis en place toute une « semaine de l’histoire » composée notamment de conférences et de jeux. Pour Campus en festival, ils proposeront un « Trivial Pursuit » géant devant la Maison des étudiants (voir article principal).

L’Ordalie est une association semi-étudiante créée il y a maintenant une vingtaine d’années. « Ordalie » signifie le « Jugement de Dieu ». Ce terme désignait au Moyen Âge une pratique répandue qui consistait à torturer un accusé. Selon sa capacité de résistance, celui-ci était déclaré coupable ou innocent. Loin de ces principes barbares, les membres de l’association souhaitent avant tout promouvoir toutes sortes de jeux de simulation, par exemple des « jeux de rôle ».

Les jeux de rôle sont des jeux « vivants ». Les participants se réunissent autour d’une table, face à un maître du jeu. Ils incarnent des personnages souvent issus d’un univers « médiéval fantastique » et doivent imaginer ensemble les meilleurs scénarios pour passer les épreuves du maître.

ALEXIS ROIG-COLIN

Ambiance médiévale à la Maison des étudiants. Les associations Ordalie, La Table Ronde et Hors Cadre vous invitent à revisiter le passé.

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Rendez-vous dès 16h devant la Maison des étudiants avec un « Trivial Pursuit » « surdimensionné ». Un plateau de jeu dessiné sur le sol et les participants à la place des pions, comme dans le célèbre jeu de société, le but est de répondre à un maximum de questions réparties dans plusieurs catégories. Ici, selon les époques historiques, vous pourrez donc tester votre culture en histoire antique, médiévale ou encore moderne. Costumés pour l’occasion, des membres de l’association La Table Ronde assurent les rôles d’animateur et d’arbitre. L’idée est de faire redécouvrir l’histoire au plus grand nombre tout en s’amusant. Autour des jeux de plateaux et des jeux de rôle, savamment préparés par l’association Ordalie chacun incarnait, selon son choix, un paysan, un noble ou un chevalier, et essayait de se réapproprier l’histoire. Parmi les jeux : le « Carolus Magnus » pour la construction de l’Empire de Charlemagne.

Les chevaliers ont envahi la MDE

« Qui était le frère de Pépin le Bref ? », « Quel roi de France est mort en 1610 ? »… Les questions s’enchainent rapidement, avec des réponses parfois surprenantes. Amateurs d’histoire ou néophytes, tout le monde participe au questionnaire dans une ambiance bon enfant. On parle de la Lotharingie. Interrogation d’un candidat : « La Lotharingie, ça a un rapport avec le Lot-et-Garonne ? ». Fous rires garantis ! Une fois les vainqueurs désignés, tout le monde est invité à rentrer dans la Maison des étudiants afin de participer à des jeux autour de la thématique médiévale. Arthur, Perceval, Tristan… Les participants incarnent, par exemple, les chevaliers de la Table ronde et partent à la recherche du Graal tout en repoussant les attaques des méchants Saxons. Dans le même temps, des membres des associations Hors Cadre et Ordalie, revêtus d’armure et de casques médiévaux, échangent des « passes » à l’épée, frôlant parfois de près les cheveux du public.

Plats médiévaux et cracheur de feu

A 20h, une délicieuse odeur envahit la salle. Les joueurs délaissent rapidement les tables pour se servir en plats médiévaux, potée ou pains traditionnels.

Tout le monde est ravi. C’est aussi à ce moment là que le groupe Keening, duo de musique celtique, commence sa prestation. Douce alliance de la cornemuse et de la guitare. Enfin, la prestation d’un cracheur de feu clôt la soirée. Au milieu de la nuit, l’artiste jongle avec un bâton enflammé et lance d’impressionnants jets de flammes. Pour un public définitivement séduit et impressionné.

La soirée Histoire a séduit

Marine a participé au « Trivial Pursuit ». Elle raconte : « Je me suis bien amusée, mais je pensais avoir de bonnes connaissances en histoire. Maintenant, j’ai quelques doutes. Mais au moins, j’ai appris des choses ! » Charlotte, membre de l’association La Table Ronde, est plutôt satisfaite. « On avait déjà mis en place ce type de jeu pendant la semaine de l’histoire. Le résultat est toujours sympathique. Les participants sont agréables, et moi aussi j’aime répondre aux questions. » Maxime, qui a participé aux jeux de plateau, a apprécié de découvrir une nouvelle activité.

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« Les règles sont un peu compliquées à saisir, mais une fois qu’on a compris le principe, c’est très amusant, on se laisse emporter. » Yann est un peu plus mitigé. « C’était bien organisé, c’est vrai. En revanche, la musique celtique, on avait l’impression que c’était toujours le même morceau. »

ALEXIS ROIG-COLIN

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